48H chrono en Roumanie

J’avais 9 ans et j’étais en primaire. Mon école recherchait des familles d’accueil pour des petits roumains qui venaient passer un mois dans le sud de la France. Claudiu avait 12 ans et des grands yeux verts. Il a débarqué chez nous, tout droit arrivé d’un pays ravagé par le communisme. C’était en 1990, et Ceaucescu le président roumain avait été exécuté avec sa femme -une fusillade retransmise en direct à la télé dans le monde entier -un an plus tôt. Claudiu n’a jamais vu ces images. A l’époque, les familles roumaines n’avaient le droit de regarder la télé que deux heures par jour . Son pays était immensément pauvre et mourrait littéralement de faim. Les restrictions étaient dingues : ils n’avaient le droit qu’a 9 grammes de farine par jour, 25 de viande. Moi, du haut de mes 9 ans,  j’ai jamais réalisé tout ça. Avec Claudiu on faisait des grandes parties de Monopoly,  du vélo, du mini-golf. Je me doutais pas que chez lui, Claudiu vivait avec ses parents et sa sœur dans un appartement minuscule et qu’il ne mangeait pas à sa faim. Chez nous, Claudiu était en admiration devant les grands magasins, la douche chaude, les sacs plastiques même (…). Sur le quai de la gare quand il est reparti, maman a pleuré longtemps. 28 ans plus tard, j’ai retrouvé Claudiu. C’était à moi de partir à la découverte de son pays.

La Roumanie c’est comment ?

On rêver de visiter le château de Dracula, d’aller découvrir les mystérieuses montagnes des Carpates, de plonger dans l’histoire sombre de la Roumanie. On a découvert un pays avec une nature folle, où les ours les loups et les lynx pullulent dans des forêts enchanteresses, avec  une histoire dure mais fascinante, et un peuple aussi courageux que généreux. On a été bluffés par l’incroyable maturité des roumains, leur recul sur la vie et l’histoire. Une fois de plus, on a pris une claque quoi !

On y va comment?

Direction Bucarest, la capitale de la Roumanie, en vol direct depuis Marseille. On a trouvé un vol à 37 euros aller/retour sur Ryanair ! Les vols sont du vendredi au lundi. On réserve ici : https://www.marseille.aeroport.fr/vols-et-destinations/destinations/tous-les-vols/europe/roumanie/bucarest

*On loue une voiture à l’aéroport. C’est pas cher et ça vous permet de découvrir le pays ! Nous avons payés 35 euros pour 3 jours de location. Quand je vous disais que c’était pas cher !

On va faire quoi ?

*On va voir Dracula au château de Bran

Direction Bran, petite ville perdue dans les Carpates. 2h30 de route depuis l’aéroport. Très vite vous êtes dans l’ensemble : la brume, les forêts avec des cimetières, les grandes montagnes sombres. Bienvenue dans le pays de Dracula!

Dracula, s’il est né de l’imagination du talentueux écrivain Bram Stocker, a quand même été inspiré par Vlad l’empaleur, conte sanguinaire qui combattu avec ferveur les attaques de l’empire Ottoman. Pour mieux dissuader ses ennemis, ils empalaient ses victimes et les laissaient en trophée devant son château. Rien ne prouve cependant qu’il ne buvait leur sang. D’ailleurs, en Romanie, Vlad était plutôt considéré comme un Robin des bois local qui défendait son pays des méchants Ottomans ! Tout est une question de point de vue.

On va être francs, rien n’atteste vraiment du passage de Vlad III dans le château de Bran. Mais c’est un peu le seul château dans la région qui pourrait correspondre à la description du livre de Bram Stocker.

On pas a été déçus par l’extérieur car l’ambiance nous emmène tout droit dans Dracula de Francis Ford Coppola au coeur d’un village transylvain typique.

L’intérieur ressemble plus à un château traditionnel, remplis de petites pièces en enfilade et de cachettes secrètes et quelques pièces consacrées à Dracula et aux vampires. Pas vraiment effrayant mais quand même une ambiance particulière !

Aujourd’hui, autour du château, un petit village touristique propose des denrées et tissages locaux, ainsi que des marchandises en tous genres, y compris des produits dérivés du mythe de Dracula.

*On va voir des ours bruns !

7000 ours bruns vivent en Transylvanie ! Un véritable paradis pour ces gros gourmands qui se régalent de miel comme dans Winnie L’ourson. On embarque pour un Bear Watching Tour avec un guide qui nous emmène dans les montagnes à la recherche des ours. Des grosses traces de pattes jalonnent notre chemin, on est sur la bonne route !

Après 20 minutes à peine de marche dans la forêt silencieuse, on tombe nez à nez avec un énorme mâle de 450 kilos. Il nous regarde paisiblement. Chance incroyable pour nous il n’est pas encore en hibernation. En vrai le mieux c’est quand même d’y aller en été pour aller observer les mères et leurs petits. Magique !

*on visite Brasov

Adorable ville au cœur des montagnes, c’est l’endroit idéal pour faire du shopping. On apprécie sa grande place, ses rues pavés, ses petites adresses branchées et on se lance dans la dégustation de spécialités locales ! En Roumanie, on mange que des gros plats chauds qui nous permettent d’affronter l’hiver !

 

* Bucarest, plongée dans la sombre histoire soviétique

 

*Allez saluer le Parlement

Le bâtiment est juste dingue. Ceaucescu qui avait la folie des grandeurs a voulu ériger un bâtiment à la hauteur de sa grandeur (complètement mégalo) et qui pouvait rivaliser…avec les Etats-Unis. Avec ses 350 000m2 c’est le second bâtiment administratifs au monde après le Pentagone !

Sa construction a duré 4 ans, 700 ouvriers y ont travaillé. 3500 tonnes de cristal ont été nécessaires pour sa construction, 700 000 tonnes d’acier et de bronze, 200 000m2 de tapis et moquette. On y trouve plus de 800 pièces et 40 ascenseurs. C’est aussi un tombeau qui abriterait des fantômes :  de nombreux ouvriers ont péri lors de sa construction, tombés dans le ciment frais, mais on avait pas le temps de les secourir. La construction s’est donc poursuivie

Parmi les célébrités qui y sont passées, Michael Jackson pour une  conférence de presse qu’il a terminé par un Moonwalk et par un « je t’aime budapest!  » (et non pas burcarest!!!!) qu’il a crié depuis le toît du bâtiment à foule…désabusée.

*La Maison Ceaucescu

Témoignage de la folie d’un monde qui vivait dans le faste alors que son peuple mourrait de faim, sa visite est incontournable.

la maison ceaucescu

La maison, d’apparence assez luxueuse mais banale est en fait digne de la maison d’Elvis une fois à l’intérieur. Un étalement de richesse hallucinant, du jardin intérieur aux mosaïques en or en passant par la salle de cinéma et la piscine, plongée dans la vie de cette famille pas comme les autres qui vivait avec ses 3 enfants dans un faste ahurissant.

la salle de bain des ceaucescu
la piscine des Ceaucescu

On plonge dans l’histoire de cette famille hallucinante, de cet homme issu du peuple, peu éduqué, qui s’est retrouvé avec sa femme-pas vraiment plus brillante-à la tête d’un pays qui croyait en lui. Sa présidence fut pire qu’une catastrophe même si aujourd’hui encore les roumains gardent sur lui un regard presque bienveillant, en tout cas très matures, refusant d’être dans la condamnation totale.

*Une visite guidée de la ville

Franchement, ça s’impose pour essayer de comprendre ce peuple étonnant, ses légendes, ses mythes mais surtout son histoire !

On a choisit de faire tour avec Unbeliveable Bucarest qui propose des visites traditionnelles, comme une plongée dans l’histoire communistes, des visites plus insolites avec des fantômes et des vampires (car la ville de Bucarest comprend aussi des vieilles maisons hantées que personne ne veut acheter, et des histoires terrifiantes de tueur en série et d’écoles habitées par des fantômes!)

Les tours peuvent varier de 2h à 05heures selon vos envies et vos budget, infos ici :https://unbelievable-bucharest.com/

On dort où ?

*A Brasov : Coup de coeur pour l’Aurelius Imperatul Romanilor !

Aurelius Imperatul

Il était une fois Aurelius, un géant qui s’ennuyait dans ses montagnes perdues. Il construisit un immense château pour accueillir des centaines de convives où tout était démesuré, à sa taille !

Un immense chalet  5 étoiles chaud et cosy fait de grandes moquettes et de miroirs dorés. Parfait pour se plonger dans l’ambiance des Carpates !

 

Aurelius Imperatul Romanilor

Une immense chambre, une immense terrasse, des immenses couloirs, on se sent tout petits!

Après une journée dans les montagnes, on fonce se réchauffer dans la piscine à bulles extérieure, le spa ou le sauna !

Le petit dej à l’Aurelius !

Allez tester aussi le restaurant de l’hôtel, 100% typique avec même des musiciens traditionnels et à tout petit prix. C’est l’avantage de la Roumanie, c’est pas cher !

 

 

On trouve des chambres à partir de 100 euros la nuit pour deux !

Pour les infos c’est par ici : www.brasov.imperatulromanilor.co

*A Bucarest : Athénée Palace Hilton

On adore sa situation géographique, au cour de la ville et face à l’opéra, des petites chambres cosy et du petit dej sur les toîts. A partir de 100 euros la nuit !

Athénee palace Hilton

https://www3.hilton.com/en/hotels/romania/athenee-palace-hilton-bucharest-BUHHITW/index.html

Nos petits coups de coeur

*Un resto sympa à Bucarest : Le Shift

Un joli bistrot  dans la ville, camouflé par la végétation, chouette ambiance et bon repas : http://shiftpub.ro/

Un resto sympa à Brasov: le Sergiana

C’est une institution à Brasov ! On aime le service chaleureux, la bonne cuisine traditionnelle, le tout fait maison. On valide !

LEXIQUE

Allo/Salute : c’est le moment de revoir vos classiques !!!! La chanson des O Zone !

 

EPILOGUE

J’ai retrouvé mon Claudiu, trente ans plus tard. On ne s’est pas quitté du week-end. On avait rien en commun, et pourtant tout. Claudiu est un poète, un doux rêveur, hyper généreux avec ses yeux verts qui n’ont pas changé. Je lui ai posé la question qu’on s’était toujours demandé avec mes parents : est ce que ça avait été bien pour lui de venir chez nous, dans un pays si différent, est ce que ça n’avait pas été trop dur ? Il m’a répondu que ça avait changé toute sa vie. Que ça lui avait donné la rage de s’en sortir. Quand il y a 30 ans, il a  écrit une lettre sur l’ordinateur de mon père qu’on avait à la maison, il m’a raconté avoir eu un déclic. Il est devenu hyper doué en informatique, il a gagné des prix dans son collège. Aujourd’hui Claudiu a monté sa boîte d’informatique et passe son temps à voyager. On s’est promis de ne plus se perdre de vue !

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