48H chrono pour aider les chimpanzés du Cameroun

C’est sûrement la plus troublante de nos aventures 48hchrono. Déjà parce que je suis partie seule -alors que vous le savez on fonctionne toujours en duo d’habitude-ensuite parce c’était un rêve de gosse, partir en Afrique s’occuper d’une espèce en danger, une sorte de fantasme que j’entretenais depuis mes 8 ans. Enfin, parce que le chimpanzé est un animal tellement attachant, 98% humains comme ils disent là-bas, que forcément on ressort de cette expérience complètement bouleversé. Retour sur une aventure qui a changé ma vision de la planète..et qui vous donnera peut-être envie de vivre la même.

PAPAYE INTERNATIONAL c’est quoi ?

C’est le nom de l’association pour laquelle je suis partie en tant qu’éco-volontaire. L’association possède un campement au Cameroun, sur les rives de la Sanaga, à deux heures de pistes (et ensuite 15 minutes en pyrogue) de la ville d’Edéa, la capitale économique du pays. Le campement est situé au cœur du parc nationala d’Edea-Douala. La mission de l’association : recueillir des chimpanzés orphelins dont les mamans ont été braconnées et s’en occuper jusqu’à ce qu’ils puissent se débrouiller tout seuls avant d’ être relâchés dans une île préservée où ils retrouvent un clan et où les hommes sont interdits. Elle est dirigée par Marylin Pons, dîte Mary, une belle varoise avec une détermination sans faille.

vue sur la Sanaga au coucher du soleil

Partir : le parcours du combattant

Bon ça y est j’ai pris ma décision, je pars, je m’engage ! On est au moins de juin, on est à une semaine de notre mariage, mais comme j’aime bien faire 53 choses en même temps je me dis que c’est le moment ! Une petite folie donc, fidèle à notre esprit 48h chrono. Je rentre en contact avec Mary  et j’apprends qu’il faut partir minimum 15 jours. Je trouve une date qui colle avec notre emploi du temps : ce sera pendant les vacances de la Toussaint. J’ai plus de vacances à poser, je prends donc du sans solde, je suis archi décidée, je sens que dois le faire, quelque chose me pousse, même si en vrai, je suis terrifiée de partir seule en Afrique.

Vaccins visa et certificat d’hébergement

Trois mois pour préparer mon départ c’est finalement pas beaucoup. Comme les chimpanzés sont hyper fragiles il y a tout un protocole à respecter pour arriver en pleine forme sur le camp et pour être sûr de pas leur transmettre de maladie! Il faut être à jour dans tous ses vaccins,  je n’en n’avais aucun, c’est parti pour des rendez-vous en pagaille chez le doc du DT polio à L’hépatite A et B en passant par la fièvre jaune au dispensaire de Marseille. Il est spécialisé dans les maladies tropicales et ils sont vraiment supers ! Pour les infos c’est par ici :

http://sante.marseille.fr/soins-de-sant%c3%a9/vaccination

Attention le parcours du combattant ne s’arrête pas là : c’est aussi toute une aventure pour obtenir son visa auprès du consulat du Cameroun à Marseille qui me retoque mon dossier trois fois. Ils sont vraiment pas sympas, et nous facilitent pas la tâche ! Je suis dégoûtée mais je tiens bon et j’arrive à obtenir auprès d’un hôtel un certificat d’hébergement pour la durée de mon séjour auprès d’un hôtel à Edéa. J’ai mon Visa !

Jour J

J’ai rempli ma valise de traitement anti palu, de bushman (lotion pour lutter contre les mouches voraces; les moutmout) d’huiles essentielles anti-rat, de treillis, d’une lampe frontale de mes appareils photos et de barres énergétiques. Je suis archi-prête et archi stressée ! Tristan m’accompagne à l’aéroport à 05h du mat, on est tristes de se quitter, c’est la première aventure de 48h chrono en solo…Il me dit en riant qu’il me passera au karcher quand je rentrerai. Il croit pas si bien dire. Mais on sait tous les deux que je dois le faire. Je pense aux boules de poils qui m’attendent, et ça me réchauffe le cœur !

Mon voyage dure plus de 24 heures, je fais escale à Bruxelles avant de m’envoler pour Douala. Je passe la nuit au Michôtel d’Edea, car il est impossible de se rendre sur le campement à la nuit tombée : aucun chauffeur n’accepte de nous y emmener. Au matin, mon chauffeur m’emmène sur le marché d’Edea faire les course pour mes 15 jours sur le campement : une fois sur place, pas moyen d’aller se réapprovisionner !

le marché d’Edéa

Ma rencontre avec les chimpanzés.

J’ai 40 litres d’eau avec moi, mes valises, mes produits anti-moustiques, je suis sur une pyrogue qui m’emmène au camp, j’ai le cœur qui bat la chamade, je suis sur le point de réaliser un rêve !

A peine sortie de la pyrogue, un pied par terre, un petit chimpanzé court et me saute dans les bras. Il me serre de toutes ses forces. Je pleure. Et je comprends pourquoi j’ai fait toute cette route.

Pourquoi ils ont besoin de nous

Au Cameroun, le chimpanzé est braconné pour être mangé, chassé par les villageois. Au dîner on mange aussi du rat ou du varan, comme nous un rôti de bœuf. C’est culturel et on le comprend : la pauvreté est omniprésente et il faut bien nourrir la famille. L’association Papaye Internationale, créée il y a 15 ans c’est un peu le village d’irréductibles gaulois. Depuis deux ans, elle est dirigée par la fascinante Mary. Elle tente coûte que coûte de changer les habitudes, d’expliquer aux villageois combien les chimpanzés nous ressemblent. Dans un contexte géo-politique aussi compliqué, dans un pays où le président est au pouvoir depuis 36 ans au prix d’élections truquées, on comprend que ce combat est loin d’être gagné.

C’est quoi le job d’éco-volontaire?

Tous les matins au réveil, on emmène nos petits protégés qui ont entre 3 et 12 ans dans la brousse passer la journée. Ils y apprennent à se balancer et à fabriquer leurs nids. C’est un peu la colonie de vacances et vous êtes moniteur ! Ils vous grimpent dessus, vous sautent dans les bras, vous prennent pour des balançoires, sautent de branches en branches au dessus de vos têtes. Ils sont fous des soigneurs qui s’occupent d’eux au quotidien et qu’ils respectent comme les chefs de leur clan.

Les chimpanzés ne supportent pas quand vous refusez de les porter et se mettre à faire des gros caprices. Ils n’ont rien de différents avec nos enfants humains. Ils peuvent apprendre le langage des signes, ils comprennent ce qu’ont dit. Ils adorent les gros câlins et sont très joueurs. A la fin de la journée, on rentre sur le camp et les chimpanzés vont se coucher dans leurs dortoirs. Ils dorment jusqu’au petit matin.

La journée, on se bat pour pas se faire piquer nos téléphones et biscuits dans nos poches, on se fait gratouiller, escalader, câliner, on remplit nos seaux dans la rivière pour des douches locales, on surveille les bêtises de Cerise et Cannabis les petits derniers arrivés du camp, et on essaye d’échapper à Cook, un singe velvet sauvé in extremis du braconnage et qui habite avec nous et se prend pour le baby sitter de Cerise et Cannabis !

Le soir, nous nous rassemblons autour du feu de camp avec les soigneurs qui nous racontent leurs quotidiens, nous prenons une douche avec l’eau de la rivière. Tous les soirs c’est spectacle : l’incroyable coucher de soleil sur la Sanaga. Pas moyen d’en faire profiter le monde extérieur, on a pas de réseau sur ce petit coin du bout du monde.  Extinction des feux à 18h30 quand la nuit enveloppe le camp. Tout le monde va se coucher au bruit des crapauds et des grillons tellement assourdissants qu’on ne s’entend plus parler ! La force de la nature, Magique !

A partir de 12 ans, les chimpanzés n’ont plus besoin de nous. Ils peuvent survivre seuls et regagner leurs clans sur les îles de l’association où ils vivent en pleine liberté sans la présence d’hommes. Sur le camp, Miel, âgée de 12 ans, est prête à partir. Très douce, très grande, elle nous fait penser à Lucie, la première femme de l’histoire de l’humanité.

Flavie et Miel

Mon moment préféré : l’île des chimpanzés

Une fois par jour, on part en pyrogue rendre visite aux chimpanzés qui ont été relâchés sur l’île en face. On ne débarque pas, on assiste de loin, en silence, au merveilleux spectacle de les voir évoluer en toute liberté. Ils reconnaissent les soigneurs qui les ont élévés et sont heureux, saluent notre visite de cris, mais les mâles dominants rapidement nous chassent : c’est chez eux ici, et c’est normal!

Comment être utiles?

Toi aussi tu veux essayer de venir en aide aux chimpanzés? Comme dans toutes les guerres, le nerf c’est l’argent. Grâce notamment à l’argent des donateurs et des éco-volontaires, le camp survit. Le travail est colossal : maintenir les installations du campement, les boucarous petites cabanes en bois pour loger les soigneurs, les dortoirs pour les chimpanzés, les nourrir, négocier avec le pays pour obtenir des îles (l’associatoin en possède actuellement deux et aimerait en avoir une troisième), se méfier des braconniers qui rôdent, essayer de changer les mentalités…un travail colossal porté par une armée de sur-hommes et de sur-femmes qui donnent sans compter pour qu’un jour, nos enfants aussi, puissent voir des chimpanzés en liberté. On comprend très vite que l’argent est bien utilisé et qu’il n’y a pas d’arnaque !

Pour retrouver toutes les infos c’est par ici :

https://www.association-papaye-france.fr/

La page facebook : Association Papaye France Officiel

Montant du séjour : 700 euros.

Merci à Mary pour son dévouement sans faille et son incroyable acharnement. Si le monde était peuplé de femmes comme elle, la planète serait sauvée. Merci à Bosco, Fiston, Parfait, François, pour nous avoir accueillis dans cette folle aventure et nous avoir fait partager leur quotidien, merci à ma super équipe de co-écovolontaires Flavie, Cédric et Sylvie pour ces moments uniques partagés au paradis des chimpanzés !

Et moi ? J’ai réalisé mon rêve…et je comprends maintenant combien il en faut du courage et de l’abnégation pour mener cette vie là. Je suis à jamais fascinée par les chimpanzés, tant aimés par une autre femme fascinante : Jane Goodall, une des premières à les avoir étudier.

Ha oui, aussi, j’ai été tellement contente de retrouver de l’eau courante que j’ai pris une douche dans les lavabos de l’aéroport de Bruxelles !

 

 

 

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